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Fabriquer ses pigments et les utiliser pour la réalisation d'une icône, un stage pour l’été 2016.

17 Octobre 2015 , Rédigé par Atelier de Micha Greschny

Le Tarn et bien d’autres régions sont fortement minéralisées et la nature offre des terres, des oxydes et des roches qu’il suffit de laver et décanter ou broyer. Les résultats obtenus offrent des pigments qui peuvent être utilisés tels quels, ou subir une calcination pour modifier la couleur.

Par ailleurs, d’autres matériaux que nous pouvons avoir facilement sous la main peuvent aussi servir de base à l’élaboration de pigments fiables.

Si le commerce offre une énorme gamme d’excellents pigments, traiter ce que nous pouvons rencontrer sur le bord d’une route ou au cours d’une ballade peut se montrer utile pour avoir un pigment d’une teinte particulière.

A défaut d’être d’une réelle utilité, rencontrer une teinte offerte par la nature, en faire un pigment et l’utiliser, est enthousiasmant et passionnant.

Voilà donc un stage que l’atelier prévoit pour l’été 2016.

L’iconographie étant le principal enseignement de l’atelier, il proposera donc la réalisation d’une icône élaborée avec des pigments ramassés dans la région (à l'exception du lapis lazuli ) qui seront traités au cours de ce stage.

Bien qu’à la mode, peu de réalisations sont faites uniquement avec des pigments naturels parce qu’il devient très vite indispensable d’utiliser des couleurs issues de la chimie. Ceci depuis des temps reculés.

Les tonalités sont riches, mais les terres ou les oxydes ne sont pas toujours d’un emploi facile par manque de pouvoir couvrant par exemple. Ainsi, le blanc de plomb, blanc fabriqué facilement, était pour les anciens le seul blanc couvrant et réellement blanc.

Cette icône est donc entièrement réalisée avec des pigments « naturels » .

La seule petite exception est un ajout d’un tout petit peu de blanc de titane au blanc de barytre afin d’améliorer son pouvoir couvrant et d’éviter ainsi le blanc de plomb hautement toxique.

Mener ce type de travail est passionnant car il permet de comprendre certains styles de l’iconographie qui peuvent paraître « primitifs », mais qui ont été définis par l’utilisation de matériaux locaux.

Voilà une passionnante aventure que l’atelier vous proposera durant l’été 2016.

Récolte.

Récolte.

Bryage d'un oxyde de fer jaune.

Bryage d'un oxyde de fer jaune.

Concassage et lavage de barytine.

Concassage et lavage de barytine.

Broyage du blanc de baryte.

Broyage du blanc de baryte.

Lapis lazuli concassé sur la dalle de porphyre.

Lapis lazuli concassé sur la dalle de porphyre.

Broyage du lapis lazuli.

Broyage du lapis lazuli.

Chablon.

Chablon.

Fabriquer ses pigments et les utiliser pour la réalisation d'une icône, un stage pour l’été 2016.
Fabriquer ses pigments et les utiliser pour la réalisation d'une icône, un stage pour l’été 2016.

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Katia 30/03/2016 12:27

Correction adresse.

Katia 30/03/2016 00:19

À mon avis, produire ses propres pigments constitue une partie importante de la préparation à l'écriture d'une icône. Cette écriture (prière) est la transfiguration de la matiêre par le spirituel - de ce fait, autant s'efforcer d'offrir de beaux pigments naturels, insolubles, obtenus par ses propres mains ; ils confèrent à l'image terminée une force particulière. Ce n'est pas une opération facile. je m'y suis lancée en tant qu'amateur !. Mais la lumière jaillit des ténèbres.
Je suis ravie de lire votre article qui aborde cette phase significative de la démarche iconographique. Vous l'aviez évoquée lors de votre venue dans notre région (voir mon commentaire précédent). C'est le moyen d'approfondir cet art et de lui donner toute la valeur et la dimension qu'il mérite. Poursuivez votre belle œuvre d'iconographe et fresquiste remarquable.
Merci.

Micha 30/03/2016 14:22

Ce stage organisé à Saint de Luz reste un très bon souvenir. C'était..... Il y a effectivement 25 ans.
Bien des choses se sont passées depuis, notamment internet qui permet de retrouver des contact. Je suis ravi de constater que vous avez toujours les pinceaux en main. Comme vous le dites, on apprend toujours chaque fois que nous prenons les outils. Il en sera ainsi jusqu'au bout et c'est bien réjouissant.
Alors, à très bientôt, peut être passerez vous du côté d'Albi?

Katia 28/03/2016 15:49

Micha,
Vous, au moins, ne recherchez pas la facilité et ne faites pas appel à des ingrédients "prêts à l'emploi" mais encouragez à "tutoyer" la difficulté et la surmonter par un travail artisanal dans le but de perpétuer celui des Anciens.
J'ai un excellent souvenir de votre passage dans le dépt 64 il y a 25 ans environ et continue à écrire des icônes par passion et avec bonheur ; de nouvelles joies naissent de la recherche du mieux faire. J'ai de belles occasions de montrer mes travaux, de citer votre nom et vos conseils, je ne fais pas commerce de cette écriture. Autant vous dire que je n'ai pas la prétention de vouloir enseigner comme on me le demande très souvent. L'humilité me convient.
J'apprends chaque fois que je prends mes outils d'iconographe.
J'aime beaucoup vos œuvres qui, tout en respectant le canon iconographique, sont différentes de tout ce que montrent beaucoup d'ateliers. Les icônes des Maîtres anciens étaient bien identifiables et reconnaissables les unes des autres ! Et conservent leur "célébrité" à travers les siècles.
Merci.